femme triste ayant recu une réponse d'un forum en ligne
La presse internationale relatait il y a quelques jours un nouveau cas inquiétant d’homophobie. En effet, deux femmes ont été sauvagement agressées dans un bus londonien pour avoir refusé de s’embrasser alors qu’une bande de jeunes les en obligeait. Bien que les lois contre les discriminations ont été renforcées, les agressions homophobes sont en recrudescence en Europe ces derniers mois. L’association SOS Homophobie constate ainsi dans son rapport annuel de 2019 une augmentation des agressions physiques LGBTphobes de 66% entre 2017 et 2018. Autrement dit, pas un jour ne se passe sans qu’une agression soit signalée aux autorités publiques ou aux associations LGBTQIA+.

Comment reconnaître l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie ou la transphobie ?

“Ton copain et toi devez avoir honte d’être PD ! […] Retourne dans ton pays !!”
“Les lesbiennes n’ont pas le droit d’être ici.”
“Hé ! C’est un être humain ça ?”
“Un homme qui couche avec un homme, il faut le tuer.”
(Exemples d’agressions verbales homophobes répertoriées par SOS LGBTphobie)

Les formes d’agressions LGBTphobes sont diverses. Elles ont lieu partout, dans les lieux publics (rues, parcs, transports en commun…), dans le voisinage, au sein du milieu familial, au travail, à l’école, dans les commerces… Ces attaques possèdent toutes un trait commun : le rejet de l’autre dans sa différence. Ce rejet va alors revêtir de nombreux aspects : insultes, mépris, haine, évitement, ignorance, exclusion d’un groupe, refus d’une promotion, mise au placard, licenciement, discours moralisateur, harcèlement moral ou sexuel, agression physique, viol, meurtre… Dans ce contexte, le quotidien peut vite se transformer en enfer. A force de subir les répétitions de ces actes malveillants, certaines victimes changeront de travail, quitteront leur école ou université, déménageront… Mais souvent le traumatisme laissera des traces indélébiles dans l’esprit de la personne agressée.

Ne laissez pas la LGBTphobie  vous abattre !

Tout d’abord, il faut comprendre l’impact psychologique sur la victime d’une agression homophobe, lesbophobe, biphobe ou transphobe. Certes, chacun·e aura sa manière personnelle de réagir face à pareille situation, en fonction de son tempérament et de son parcours de vie. Les agressions LGBTphobes sont particulièrement violente psychologiquement (et parfois physiquement), car elles s’attaquent à l’identité de la personne et à son ressenti, sa manière de vivre. Elles ont pour but de forcer injustement la personne à se remettre en question, à se conformer à une “norme” qui est celle de l’agresseur·se.

Dès lors, certaines personnes auront un sursaut de combativité et affirmeront plus fort leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur mode de vie. A l’inverse, d’autres passeront par la tristesse, le repli sur soi, l’inquiétude, l’angoisse, la dépression, ou adopteront des comportements à risque tels que la consommation excessive d’alcool, la prise de drogues, auront des rapports sexuels non protégés… voire même iront jusqu’à une tentative de suicide.

Bien que parmi les victimes de LGBTphobies, certaines seront plus expressives que d’autres. Il ne faut jamais nier la souffrance et le dégâts intérieurs que peuvent causer un pareil traumatisme. C’est pourquoi, de nombreuses initiatives ont vu le jour pour soutenir les personnes à la recherche de soutien psychologique.

A qui parler lorsque l’on a été victime de LGBTphobie ?

Aujourd’hui, de nombreuses victimes ne se cachent plus et la honte change peu à peu de camp. Les plaintes pour LGBTphobie peuvent être déposées auprès de la police ou la gendarmerie, mais aussi auprès d’organisations telles que SOS Homophobie en France ou UNIA en Belgique.

Toutefois, un certain nombre de personnes hésitent encore à parler. Il est dès lors important pour les proches de créer un climat bienveillant d’écoute pour épauler la victime. Le mutisme peut être difficile à comprendre pour les proches, mais de nombreuses émotions se bousculent généralement dans la tête d’une victime : la peur d’être jugé·e, le sentiment de culpabilité, la honte, la minimisation de son ressenti… Comment dès lors les aider à franchir le pas et à libérer leur parole pour retrouver un mieux-être ?

Il existe des solutions ponctuelles telles que les lignes d’écoute de SOS Homophobie ou de Azur. Vous pouvez également vous rendre dans une association LGBTQIA+ qui peut vous orienter vers des professionnel·le·s compétents pour prendre en charge ce type de situation.

S’adresser à un réseau de psychologues spécialisées LGBT+

Entreprendre une psychothérapie permet également de trouver du soutien pour surmonter cette situation. Des réseaux de psychologues comme Psy Gay ou PRIDEmotion permettent d’avoir accès à des thérapeutes spécialisé·e·s dans les thématiques LGBTQIA+.

Des consultations psy anonymes et confidentielles en ligne

La thérapie en face-à-face peut être difficile à surmonter pour certains. Franchir la porte d’un cabinet de psychologue n’est pas toujours évident. C’est pourquoi, en mai dernier, a été lancée une nouvelle plateforme en ligne anonyme et spécialisée dans l’aide et le soutien aux personnes LGBTQIA+ : pridemotion.com. Cette plateforme vous permet d’échanger avec un·e thérapeute à travers des messages écrits quotidiens ou des séances par audio ou visioconférence. L’accès à du soutien est ainsi facilité et peut se faire dans un cadre non-jugeant et bienveillant sans que vous ayez à vous déplacer.

Quel que soit la voie empruntée, le plus important est d’en parler et de trouver le soutien dont vous avez besoin !

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