“Sortir du placard”, “Faire son coming-out” ou dit plus simplement “se dévoiler” est une étape essentielle, bien que difficile, dans la vie d’une personne LGBTQIA+. De surcroît, pour beaucoup, se déclarer lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer, intersexuée, asexuelle… devient un impératif au cours d’une vie. Souvent, le besoin de vivre une vie plus authentique en est à l’origine. La personne éprouve alors le besoin de divulguer sa/ses préférence·s sexuelle·s ou son identité de genre, afin de ne plus se voir apposer des étiquettes qui ne lui conviennent pas.

Les implications d’un coming-out dans un monde dominé par les hétérosexuel·le·s et les cisgenres ?

Nous vivons dans un monde où l’hétérosexualité et l’identité cisgenre sont considérées comme la norme. C’est pourquoi, ce milieu demande encore aux personnes LGBTQIA+ de se dévoiler comme n’appartenant pas à cette norme. Cela rend cette étape difficile pour beaucoup. En effet, le dévoilement fait surgir instantanément une différence par rapport à l’autre. “Je suis gay/lesbienne et tu es hétéro”. “Je suis trans et tu es cisgenre”… D’un coup, il n’y a plus de nous, mais un “je” et un “tu”, quelque chose qui nous sépare. Or, c’est précisément cette différence qui peut être vécue comme une souffrance, car elle crée une distance, un obstacle.

Au début, cet obstacle peut être vécu comme infranchissable, insurmontable. Pour ceux qui éprouvent cette souffrance psychique, qui ne se sentent pas capables de franchir cet obstacle, sachez qui ne s’agit pas là d’une fatalité. Ce ressenti n’est qu’un aspect du coming out. Il est bien souvent passager. En travaillant sur soi-même (seul·e, avec un·e ami·e ou accompagné·e d’un·e psy), il est tout à fait possible de dépasser ce sentiment. Il faudra certes une bose dose de courage, mais cette souffrance peut se transformer en quelque chose de bénéfique et de stimulant.

Comment faire ?

Première étape : la reconnaissance

Devoir se dévoiler implique tout d’abord de se reconnaître en tant que personne L, G, B, T, Q, I, A… (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer, intersexuée, asexuelle…) Cette reconnaissance individuelle pourrait sembler acquise, mais cela n’a rien d’évident. En effet, se reconnaître soi-même dans une nouvelle identité sexuelle (lesbienne, gay, bisexuel·le, asexuel·le, queer…) ou de genre (transgenre, agenre, non-binaire, genres fluides…) implique également de se concevoir comme différent·e de la majorité.

De plus, cette nouvelle conception de soi-même implique souvent que tous les repères sociétaux traditionnels liés à la sexualité et/ou aux rôles sociaux de genre changent. Il faut donc apprendre à s’en réapproprier de nouveaux, à faire connaissance avec la vie et la culture LGBTQIA+ (si ces dernières nous sont inconnues). Il est donc normal de traverser une période d’adaptation et d’acclimatation, plus ou moins longue en fonction des individus. Mais à ce stade, et devant tout un nouveau pan de vie, un premier réflexe peut être d’être tenté·e de faire demi-tour en se disant : “à quoi bon ?”.

Sortir du placard : à quoi bon ?

Se dévoiler comporte certes une sorte de pari : celui d’être accepté·e ou rejeté·e par celui/celle à qui on le dit. Ce “être-avec-les-autres” est la face extérieure du coming-out, mais il y a également la face intérieure : le “être-soi”. C’est alors à chacun de faire le choix entre un juste équilibre. Souvent, faire son coming-out est synonyme de la fin d’un tiraillement intérieur, d’une vie plus authentique. C’est un peu comme choisir entre une vie où l’on se cache en permanence, où nos relations sont conditionnées par les mensonges ou les omissions, et une vie plus ouverte, plus en accord avec soi-même. C’est pourquoi de nombreuses personnes LGBTQIA+ décident de “sortir du placard”. De nombreux témoignages existent sur Internet.

D’un point de vue psychologique, le choix de se reconnaître va de paire avec la réduction de symptômes d’anxiété et de dépression exacerbés par le fait de se cacher quotidiennement. Autrement dit, être soi, faire son coming out, vous fait du bien ! A vrai dire, son bien-fait essentiel est qu’il permet d’augmenter l’estime de soi. Mais, plus encore, le coming-out crée certaines aptitudes sociales chez la personne “out”. En effet, celle-ci s’étant confrontée au dévoilement une première fois, elle est désormais mieux armée à faire face au monde et à ces jugements.

Le coming-out, un processus continu…

Faire son coming-out est une grande et importante étape dans une vie. Cela demande beaucoup de courage et ce courage devra se maintenir au cours de la vie d’une personne LGBTQIA+. A vrai dire, le coming out est le début d’un processus continu. Dire aux autres que vous êtes L, G, B, T, Q, I, A… vous apportera probablement un sentiment d’apaisement, après avoir vécu dans l’ombre si longtemps. Il vous permettra de vivre de manière plus authentique avec les personnes à qui vous l’aurez dit. Autant d’aspects positifs qui surpasseront au fur et à mesure les aspects négatifs. De plus, faire votre coming-out vous apportera une autre force. Il vous préparera également aux prochaines fois où vous devrez à nouveau vous dévoiler, car un coming-out en entraîne souvent d’autres.

En effet, au cours d’une vie, vous serez amené·e à vous dévoiler à chaque fois que vous évoluerez dans un nouvel environnement. Par exemple, lorsque vous avez un nouveau job, une nouvelle belle famille, de nouveaux ami·e·s… Au sein de ce milieu tout neuf, vous ne saurez pas toujours comment les personnes réagiront à cette partie de votre identité. Etre “out” ne signifie donc malheureusement pas que toute l’anxiété ou la peur des réactions négatives à votre égard disparaissent. Toutefois, au plus vous assumerez publiquement qui vous êtes, dans votre famille, votre cercle familial, votre milieu professionnel… au plus, vous serez à l’aise dans votre vie et avec les autres. Au fur et à mesure, vous ressentirez de moins en moins les effets négatifs du jugement des autres.

Du soutien pour ces défis quotidiens

Notre société et notre culture même si elles évoluent doivent encore opérer de grands changements avant que l’acceptation complète des personnes LGBTQIA+ se fasse. Et tant que ceux-ci n’auront pas lieu, cela signifie qu’en tant que personne LGBTQIA+ vous aurez à faire face à des défis non seulement individuels, mais également institutionnels (changement de sexe sur la carte d’identité, accès à l’emploi…). C’est pourquoi, il est important que les personnes LGBTQIA+ puissent avoir accès à du soutien social, juridique, psychothérapeutique, familial, amical… adapté aux défis qu’elles rencontrent. Car n’oublions pas ce chiffre dramatique qui doit nous amener à continuer de propager l’acceptation des personnes LGBTQIA+ : celles-ci sont quatre fois plus susceptibles de se suicider que leurs homologues hétérosexuels ou cisgenrés selon l’association française Inter-LGBT.

Trouver et bâtir une communauté de soutien auprès d’ami·e·s, de proches, d’associations, de professionnel·le·s peut sauver des vies. Si vous êtes seul·e dans cette situation, sachez qu’une plateforme en ligne anonyme et confidentielle existe. Elle s’appelle pridemotion.com. Ce réseau de professionnel·le·s en psychologie et spécialisé·e·s dans les thématiques LGBTQIA+ a été créé, afin de vous donner accès en ligne à des thérapeutes professionnel·le·s et bienveillant·e·s qui connaissent, entre autres, les différents aspects du coming-out. Ils/Elles peuvent vous épauler dans cette étape importante de votre vie.

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